Combien mettre de côté pour les impôts en freelance
Guide pratique pour comprendre combien d'argent mettre de côté chaque mois en tant que micro-entrepreneur ou freelance en France. Cotisations, impôt sur le revenu et un exemple réel.
Tu factures 3 000 euros. Tu les vois arriver sur ton compte et tu te dis : « super, j’ai trois mille euros. » Mais non. Tu ne les as pas. Une partie de cet argent n’est pas à toi. C’est pour l’URSSAF et les impôts. Le problème, c’est que personne ne te dit exactement combien.
Si tu es micro-entrepreneur ou freelance en France, tu as probablement vécu ce cycle : tu encaisses, tu dépenses avec une certaine prudence (ou pas vraiment), et quand arrive l’échéance URSSAF ou la déclaration de revenus, c’est la douche froide. Ou pire : tu découvres que tu aurais dû mettre de côté bien plus que ce que tu pensais.
C’est exactement ce qu’on va voir ici. Combien mettre de côté, comment le calculer et pourquoi attendre est une mauvaise idée.
Les deux grandes ponctions : cotisations sociales et impôt sur le revenu
En tant que freelance en micro-entreprise en France, tu payes deux choses principales :
- Cotisations sociales (URSSAF) : ce que tu payes chaque mois ou trimestre pour la protection sociale : maladie, retraite, allocations familiales, CSG/CRDS.
- Impôt sur le revenu (IR) : ce que tu payes à l’État selon tes revenus, via le barème progressif ou le versement libératoire.
Il y a un troisième sujet que beaucoup mélangent : la TVA. Mais si tu es en micro-entreprise et que ton chiffre d’affaires reste sous les seuils de franchise (36 800 € pour les prestations de services en 2025), tu ne factures pas de TVA. C’est un des avantages du régime. Donc ici, on se concentre sur les deux prélèvements qui te concernent directement.
1. Les cotisations sociales URSSAF : le prélèvement automatique
C’est la partie la plus simple à comprendre. En micro-entreprise, tes cotisations sont un pourcentage fixe de ton chiffre d’affaires. Pas de calcul compliqué, pas de surprise.
Pour les activités de prestations de services (BNC, pour Bénéfices Non Commerciaux), le taux est :
- Cotisations sociales : 21,2% du CA
- CFP (Contribution à la Formation Professionnelle) : 0,2% du CA
Ça couvre tout : maladie, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG et CRDS. Tu déclares et tu payes mensuellement ou trimestriellement sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
L’avantage de ce système, c’est sa prévisibilité. Tu encaisses 1 000 €, tu sais que 214 € partiront en cotisations. Point. Pas de mauvaise surprise en fin d’année.
2. L’impôt sur le revenu : le barème progressif
L’impôt sur le revenu fonctionne par tranches. Plus tu gagnes, plus le pourcentage est élevé, mais uniquement sur la partie qui dépasse chaque tranche, pas sur la totalité. C’est un point crucial que beaucoup de gens comprennent mal.
Mais d’abord, une particularité de la micro-entreprise : tu ne déduis pas tes frais réels. À la place, un abattement forfaitaire de 34% est appliqué sur ton chiffre d’affaires (pour les BNC). Tu payes l’IR sur les 66% restants.
Les tranches du barème IR pour 2025 sont :
| Tranche de revenu imposable | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 11.294 € | 0% |
| 11.295 € – 28.797 € | 11% |
| 28.798 € – 82.341 € | 30% |
| 82.342 € – 177.106 € | 41% |
| Au-delà de 177.106 € | 45% |
Le point clé : grâce à l’abattement de 34%, si tu factures 40.000 €, ton revenu imposable n’est que de 26.400 €. Et grâce au barème progressif, les premiers 11.294 € ne sont pas imposés du tout. Tu ne payes 11% que sur la tranche au-dessus.
L’option versement libératoire
Si ton revenu fiscal de référence N-2 ne dépasse pas un certain seuil (environ 27.478 € par part en 2025), tu peux opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu : un prélèvement de 2,2% du CA (pour les BNC) en même temps que tes cotisations URSSAF.
L’avantage : c’est simple et prévisible. Tu payes chaque mois ou trimestre, et c’est réglé. Pas besoin de calculer les tranches.
L’inconvénient : si tes revenus sont modestes, le barème progressif peut être plus avantageux (notamment grâce à la tranche à 0%). À toi de comparer.
Exemple pratique : freelance qui facture 40.000 €/an
Prenons un cas concret. Un développeur freelance, micro-entrepreneur en BNC, quelques années d’activité, 40.000 € de chiffre d’affaires cette année.
Étape 1 : Cotisations sociales
| Concept | Montant |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 40.000 € |
| Cotisations URSSAF (21,2%) | 8.480 € |
| CFP (0,2%) | 80 € |
| Total cotisations | 8.560 € |
Jusque-là, c’est mécanique. 21,4% de ton CA part en cotisations. Chaque mois, ça fait environ 713 €.
Étape 2 : Impôt sur le revenu
Pour calculer ton IR, on applique d’abord l’abattement micro-BNC :
- CA : 40.000 €
- Abattement 34% : −13.600 €
- Revenu imposable : 26.400 €
On applique ensuite le barème progressif :
| Tranche | Base | Taux | Résultat |
|---|---|---|---|
| Jusqu’à 11.294 € | 11.294 € | 0% | 0 € |
| 11.295 € – 26.400 € | 15.106 € | 11% | 1.662 € |
| Total IR | ~1.662 € |
Soit environ 139 € par mois.
Le résumé
| Concept | Annuel | Mensuel |
|---|---|---|
| Cotisations URSSAF + CFP | 8.560 € | 713 € |
| Impôt sur le revenu | 1.662 € | 139 € |
| Total prélèvements | ~10.222 € | ~852 € |
De tes 40.000 € facturés :
- 10.222 € partent en cotisations et impôts
- Il te reste ~29.778 €, soit environ 2.482 € par mois
Taux effectif : ~25,6% sur ton chiffre d’affaires. Sur chaque tranche de 100 € facturés, environ 25,60 € sont pour l’URSSAF et les impôts.
La règle rapide : mets de côté entre 25% et 30%
Si tu ne veux pas faire de calculs à chaque encaissement, voici une règle simple :
- Tu factures moins de 25.000 €/an → mets de côté 25% de chaque encaissement
- Tu factures entre 25.000 € et 50.000 €/an → mets de côté 28%
- Tu factures plus de 50.000 €/an → mets de côté 30%
Ces pourcentages couvrent les cotisations URSSAF et l’impôt sur le revenu. Ils sont approximatifs, mais ils te protègent des mauvaises surprises.
L’astuce est simple : à chaque fois que tu encaisses une facture, transfère ce pourcentage immédiatement sur un compte séparé. N’y touche pas. Cet argent n’existe pas. C’est l’argent de l’URSSAF et des impôts qui transite temporairement par ton compte.
À noter : le plafond du régime micro-entrepreneur BNC est de 77.700 € de CA. Au-delà, tu passes automatiquement en régime réel, avec des règles fiscales différentes.
Ce que ton comptable peut encore optimiser
Cet article simplifie les choses volontairement. Dans la réalité, il y a des variables qui peuvent changer tes chiffres :
-
Micro-entreprise vs régime réel : si tu as beaucoup de frais professionnels (matériel, sous-traitance, loyer de bureau…), le régime réel peut être plus avantageux car tu déduis tes frais réels au lieu de l’abattement forfaitaire de 34%.
-
ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) : si tu crées ta micro-entreprise, tu bénéficies d’une réduction de 50% de tes cotisations sociales pendant ta première année d’activité. Ça change beaucoup les chiffres au démarrage.
-
TVA : la franchise de base s’applique jusqu’à 36.800 € de CA pour les prestations de services (seuil 2025). Au-delà, tu dois facturer la TVA à 20% et la reverser à l’État.
-
Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : un impôt local souvent oublié par les nouveaux micro-entrepreneurs. En général quelques centaines d’euros par an, mais tu en es exonéré la première année.
-
Versement libératoire vs barème progressif : selon ta situation familiale et tes autres revenus, l’un ou l’autre peut être plus avantageux. Ça vaut le coup de faire la simulation.
-
Activités mixtes : si tu fais à la fois de la prestation de services et de la vente, les taux de cotisations et d’abattement sont différents pour chaque catégorie.
Un bon comptable ou un bon outil t’aide avec tout ça. L’objectif, c’est que tu saches à tout moment combien tu peux dépenser sans te mettre en difficulté.
Nett fait ce calcul pour toi, chaque jour
Nett s’occupe automatiquement des cotisations, des tranches, de l’abattement et du barème progressif, à chaque fois que tu enregistres un revenu ou une dépense.
Sur ton écran principal, tu vois un seul chiffre : Tu Nett. C’est ce qui est vraiment à toi. C’est ce que tu peux réellement dépenser après avoir mis de côté pour les cotisations et les impôts. Sans tableur. Sans mauvaise surprise à la déclaration. Sans cette sensation désagréable de ne pas savoir si tu es en train de dépenser l’argent de l’URSSAF.
Tu encaisses une facture de 3.000 €, et Nett te dit : « Sur ces 3.000 €, tu peux dépenser 2.232 €. Le reste, c’est pour l’URSSAF et les impôts. » Sans calcul. Sans surprise.
Parce que savoir ce que tu gagnes, ce n’est pas la même chose que connaître ce qui est vraiment à toi. Et c’est exactement ce que Nett te dit.